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lundi 10 janvier 2011
lundi 27 décembre 2010
PHILOSOPHIE MAGAZINE N°45 (disponible au CDI)

PHILOSOPHIE MAGAZINE N°45
Sommaire
- Éditorial
- L'époque
- Dossiers
- Les philosophes
- S'accomplir / se dépasser
- Wittgenstein l'architecte
- Gorgias, l'ivresse des mots
- Entretien
- Chroniques Parutions
- Les arts
- Cinéma
- Parcours
jeudi 23 décembre 2010
Francis Wolff : Notre humanité
Les idées ne mènent pas le monde. Pourtant, les représentations que les hommes se font de leur humanité le font tourner dans un sens ou dans l’autre. À l’origine des grandes révolutions scientifiques, il y a une idée philosophique de l’homme : l’« animal rationnel » de l’Antiquité est lié à la naissance des sciences naturelles ; à l’âge classique, l’« âme étroitement unie à un corps » de la métaphysique cartésienne est indissociable de la physique mathématique ; le « sujet assujetti » du structuralisme était l’objet privilégié des sciences humaines triomphantes du siècle passé ; et le vivant défini par ses « capacités cognitives » marque la victoire actuelle des neurosciences. Chaque définition de l’homme charrie aussi son lot de croyances morales et d’idéologies politiques, d’autant plus puissantes qu’elles semblent soutenues par les certitudes scientifiques de leur époque. Derrière l’esclavagisme ou le racisme, à l’origine du totalitarisme ou des formes les plus subtiles de l’antihumanisme contemporain, se trouve une définition de notre humanité. C’est toujours au nom de ce qu’est l’homme ou de ce qu’il doit être que l’on prescrit ce qu’il faut faire et ne pas faire. L’idée d’humanité se situe à l’entrecroisement d’un rapport aux savoirs qu’elle permet de garantir et d’un rapport à des normes qu’elle permet de fonder. Elle est donc le lieu de toutes les confusions et l’enjeu de toutes les querelles de légitimité. Quelle idée de l’homme peut-elle encore être la nôtre aujourd’hui qu’on le décrète un « animal comme les autres » ? Que reste-t-il de notre humanité si elle ne peut plus se définir par sa place entre divinité et animalité ? L’« animal rationnel » n’a pas dit son dernier mot. Pas plus que l’humanisme, que l’on annonce pourtant « épuisé ».- Date de Parution : 20/10/2010
- Collection : Histoire de la Pensée
- Prix public TTC : 21,90 €
- Code ISBN / EAN : 9782213651347 / hachette : 3602919
- Format (153 x 235)
- Nombre de pages : 396
De notre humanité. D'Aristote aux neurosciences, de Francis Wolff
Au fil d'un parcours ambitieux et dramatisé, le philosophe met au jour les visions de l'homme qui ont rythmé l'histoire de la pensée.
01_Quatre grandes figures
« Qu'est-ce que l'homme ? » Si la question est vertigineuse, les réponses ne sont pas infinies. Francis Wolff en identifie quatre, nommées« figures » : celle de l'homme antique, ou « animal rationnel », forgée par Aristote et qui a perduré 2 000 ans. Celle de l'homme classique, « substance pensante unie à un corps », que Descartes élabore au XVIIe siècle. Celle de l'homme structural, ou « sujet assujetti, illusionné, déterminé » des sciences humaines, dont l'histoire débute au XIXe siècle et atteint son point culminant avec Les Mots et les Choses (1966) de Michel Foucault. Celle, enfin, de « l'homme neuronal », selon l'expression empruntée au livre éponyme (1983) du neurobiologiste Jean-Pierre Changeux, c'est-à-dire l'homme renaturalisé, l'homme « animal comme les autres » des sciences naturelles, en passe de devenir le modèle explicatif dominant de notre humanité.
02_Attraits et dangers
Pourquoi avoir choisi ces quatre figures ? Parce qu'elles suffisent à rendre compte de ce que notre humanité a créé de meilleur, mais aussi de ce qu'elle a fait de pire. Si « l'animal rationnel » d'Aristote a servi à fonder les sciences naturelles de l'Antiquité (zoologie et cosmologie), il a aussi permis de rationaliser la domination des Grecs sur les barbares, puis la colonisation des Européens sur le monde. En faisant de l'être humain une « substance pensante », un cogito, Descartes a certes rendu possible la science moderne (mathématique et mécanique), mais il a aussi transformé l'homme en un être incapable de traiter la nature et les animaux avec dignité, ceux-ci étant privés de pensée, donc de valeur. Et « l'homme structural » des sciences humaines, en mettant au jour les structures aveugles qui asservissent l'humanité (l'économie, la société, l'inconscient, le langage, etc.), n'est-il pas celui au nom duquel les régimes totalitaires ont justifié leur entreprise de domination, en affirmant ne vouloir au fond que son émancipation et son bonheur ? Quant à « l'homme neuronal », aussi ambitieux que puisse être son projet d'expliquer toutes les pensées et actions humaines par le seul fonctionnement du cerveau, il laisse ouverte la possibilité d'assimiler l'homme à une machine ou à une bête.
03_Un homme universel ?
Peut-on finalement décrire l'homme à l'aide de valeurs universelles échappant aux polémiques pro- ou antihumanistes ? Oui, répond l'auteur, à condition de le définir comme l'être doué du langage. Au terme de ce périple, c'est donc la figure d'Aristote qui a la préférence de Wolff : l'humanité est « la communauté de tous ceux qui peuvent se parler et qui sont égaux en tant que parlants ».
Jonathan Chauveau
Francis Wolff / De notre humanité. D'Aristote aux neurosciences / Fayard / 396 p. / 21,90 €
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mercredi 15 décembre 2010
Les grands dossiers de Sciences Humaines : Freud, droit d'inventaire
FREUD, DROIT D'INVENTAIRE
- Freud, droit d'inventaire
Dossier coordonné par Jean-François Marmion - Freud, totem ou tabou ?
Jean-François Marmion - Freud. Une vie, une oeuvre
- Avant Freud : un siècle de psychiatrie et de psychologie
Evelyne Pewzner-Apeloig - La formation française de Freud
Jacqueline Carroy - Au seuil de la psychanalyse
Malcolm Macmillan - Un livre à plusieurs voix : L'Interprétation du rêve
Andreas Mayer - La science des rêves, un siècle après Freud
Delphine Oudiette et Isabelle Arnulf - Freud et la sexologie de son temps
Sylvie Chaperon - Le complexe d'¼dipe
Dominique Bourdin - ¼dipe n'est pas mort
Roger Perron - L'histoire mouvementée de l'inconscient
Jean-François Dortier - Pourquoi le divan ?
Daniel Widlöcher - Qui étaient les patients de Freud ?
Mikkel Borch-Jacobsen - Vers un mouvement international
George Makari - Les premiers disciples de Freud
Magali Molinié - Carl Gustav Jung : entre dissidence et fondation
Jean-François Dortier - L'analyse, pour comprendre ou pour soigner ?
Anne Millet - Psychanalyse et méthode Coué
Hervé Guillemain - Les ramifications américaines
Jean-François Dortier - France : une diffusion tardive
Alain de Mijolla - La psychanalyse en France. Des groupes, des idées, des publications
Emmanuelle Garcia - La psychanalyse en société
Françoise Champion - La psychanalyse malade de l'histoire ?
Jean-François Marmion - Freud à l'université, la peau de chagrin
Sarah Chiche - Norbert Elias, l'origine sociale du refoulement
Xavier Molénat - Freud, un avenir pour les neurosciences ?
François Ansermet et Pierre Magistretti - Et si Freud revenait ...
Jean-François Dortier - Pourquoi le XXe siècle fut freudien
Eli Zaretsky
Sciences humaines : numéro spécial anniversaire
Édito : 1990 / 2010. Le basculement des idée
Comment pensions-nous le monde il y a 20 ans ? Comment le pensons-nous aujourd’hui ?
Depuis sa naissance, en 1990, et au fil des années, Sciences Humaines traque les idées nouvelles, les débats qui agitent la société, les péripéties de la marche du monde…
Le moment était donc venu de faire une sorte de bilan pour se donner ce recul si nécessaire qui permet de mieux lire notre présent et de scruter l’avenir.
20 ans de sciences humaines, ce ne sont pas seulement des strates de recherches, de nouveaux travaux, de nouveaux auteurs qui s’accumuleraient les uns après les autres comme s’empilent sur nos étagères les quelques 300 numéros publiés…
C’est beaucoup plus que cela ! Au fil des années, ce sont des nouveaux paradigmes qui ont remplacé les précédents, de nouvelles grilles de lecture qui se sont imposées, de nouveaux fonctionnements technologiques tout autant que mentaux.
En ce début de XXIe siècle, un monde nouveau est en train de dessiner un nouveau paysage mental. Voilà ce que nous avons choisi de vous raconter, à vous lecteurs qui nous avez accompagnés ou rejoints tout au long de cette aventure éditoriale, mais aussi à ceux qui, nés en même temps que notre magazine, nous découvrent aujourd’hui…
- - La nouvelle carte des idées (accès libre)
- - L'animal humanisé et l'humain naturalisé
- - Extension du domaine des émotions
- - Du développement au développement durable (accès libre)
- - La parenté réinventé
- - La montée en puissance des femmes
- - De l'histoire totale à l'histoire globale
- - Vers des identités mondialisées
- - L'individu, roi contesté (accès libre)
- - Le bébé a du génie
- - Le néolibéralisme a la vie dure
- - La fabrique politique du monde
- - Pays émergents : le grand rattrapage
- - Le sacre du cerveau
- - Philosophies en liberté
- - La justice dans tous ses états
- - Le pouvoir éclipse et réapparition
- - Le retour de Dieu
- - Faut-il en finir avec la société ?
- - Les métamorphoses des inégalités
- - Les tribulations de la valeur travail
- - Un monde sans guerre...ni paix
- - La vie privée googlisée
- - Bibliographie (accès libre)
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